Hemingway.jpg

 

 

Un grand roman de ce cher Ernest ! Histoire simple et émouvante : la ténacité d'un vieux pêcheur (nommé Santiago) qui n'attrape plus rien depuis 80 jours. Il piste un espadon qui va l'emmener loin. Au bout de terribles efforts, il parvient à ramener le gigantesque poisson au village... mais les requins se sont chargés de l'espadon en cours de route.


Roman d'amitié et d'entraide entre un ancien et un jeune garçon qui le soutient dans cette quête inutile et vouée à l'échec... en somme le thème cher à Hemingway... le triomphe dans la défaite. Roman court qui lui amena sur un plateau doré le Prix Nobel de Littérature en 1954 et le Pulitzer en 1953 ! Cela ne l'empêchera pas de se flinguer en 1961, le même jour que le décès de Louis-Ferdinand Céline ! Un maudit début de juillet... 

Par Diabolik - Publié dans : Littérature classique
Postez votre critique ! - Lire les 0 opinions diaboliques

Ayme.jpg

 

 

 

Second roman de Marcel Aymé publié en 1927. Premier roman parisien où un certain Galuchey se couvre de ridicule pour notre plus grand plaisir.Toute une galerie de personnages se concentre autour de notre pauvre hère qui se veut plus gros que le bœuf. L'oncle Suprême, Apolline l'épouse fade, Raymonde l'aguicheuse, le Bombé, Rasselène et les collègues de travail de Justin. Galuchey s'émancipe sans prévenir. Il raille ses collègues, trompe sa femme, change de complet, achète des cravates, joue au Casino, prend la place de son chef de service, se taille les moustaches, se coupe les cheveux en brosse... c'est un conquérant qui se révèle !


On reconnaît la patte de Marcel Aymé pour décrire les turpitudes d'une vie bourgeoise, des rites hypocrites, des labeurs ingrats au sein d'un couple ennuyeux. Roman à découvrir avant d'entamer "La table aux crevés" ou le magistral "La jument verte".

Par Diabolik - Publié dans : Littérature classique
Postez votre critique ! - Lire les 1 opinions diaboliques

Hurlus.jpg

 

 

Écrivain autodidacte, son père fut fusillé en 1917 pour mutinerie. Autant dire que Jean Amila règle ses comptes avec ce roman dont le thème central est l'histoire de Lhozier, dont la mère veuve d'un mutin de 1917 fait l'objet de représailles dans son quartier par une meute populaire et patriotique. Pas un patriotisme honorable, mais plutôt des crachats de vipères, d'ouvriers planqués maudissant les poilus fusillés pour désobéissance. Un populisme revanchard et dégueulasse encadré par une police aveuglée d'une bêtise crasse. La mère du gamin se retrouve internée tandis que Lhozier devient pupille de la Nation. Vous vous rappelez des Hauts Murs de Le Breton ? Nous sommes en plein dedans les amis ! Le contexte, les vacheries, une France vacharde et pitoyable... autant d'éléments parfaits pour un Jacques Tardi !


Jacques, si tu m'entends, ce bouquin d'Amila est pour toi et tes doigts magiques. Dessine-nous cette merde qui enrobe la Grande Guerre de l'extérieur. Tu sais ?... Le côté des bons français !... Ceux qui ne crapahutent pas dans la boue sous des ordres de généraux incompétents, arrivistes et cruels... Ceux dont la vinasse empeste leur misérable taudis, prolongement d'une vie médiocre et puante... Jacques, prends tes plumes, ton encre... passe un lavis gris sur le Boucher des Hurlus, couleur de la honte... sans doute le mélange du bleu-blanc-rouge.


Un très bon bouquin qui restera gravé longtemps dans ma caboche. Quel bonheur de suivre l'expédition vengeresse du Môme, de Vendâme, du Beurré et d'Aristide. Lhozier deviendra le chef de la bande du fait d'une intelligence plus élevée que la moyenne, du troupeau, du mouton français. La mère Venin sera la première victime... Dans un style acerbe, Amila nous mitonne un ragoût à la Charles Williams agrémenté d'une garniture Boudard sauce célinienne ! Les mots ne sont pas mâchés, rien ne vous sera épargné dans ce merveilleux bouquin. 

Par Diabolik - Publié dans : Polars/Thrillers
Postez votre critique ! - Lire les 1 opinions diaboliques

Murnau.jpg

 

 

Film muet de 1927. L'histoire ressemble à une tragédie Grecque et me fait souvent penser à "Secrets dans l'Île" de Louis Ferdinand Céline. Les marécages brumeux dans le crépuscule rappellent les décors des "Chasses du comte Zaroff" mais ne vous-y trompez pas !... ce film est une merveille ! L'amour est à son apothéose et me tire toujours des larmes de crocodile... autant que dans "Les lumières de la ville" de Chaplin.


Cette mythologie revisitée par le grand Murnau est simple. Un fermier vit sur une île avec femme, belle-mère, enfant et chien. La plénitude du couple est effritée et l'homme paraît abattu, tandis que son épouse a encore de l'amour dans les yeux. Parmi les vacanciers, une femme de la ville joue la tentatrice perfide et a une liaison avec le campagnard. La ville apparaît comme l'opposé du lieu de vie de l'homme... tout n'est que tentations, fêtes, valses, lumières et agitations urbaines. L'homme est tourmenté car la citadine lui propose un terrible contrat : qu'il aille donc noyer sa femme dans le lac et vendre sa ferme. Ils pourront ainsi vivre en ville. Le lendemain, l'homme emmène sa femme en barque, les yeux hagards et les épaules voutées.


L'amour triomphera-t-il dans l'aurore ? Ou la mort fera-t-elle son terrible office ? Ce film possède une magie indescriptible pour ceux qui ont du coeur et de l'âme ! Les autres, passez votre chemin... Murnau ne vous mérite pas.

Par Diabolik - Publié dans : Mes films Diabolik
Postez votre critique ! - Lire les 0 opinions diaboliques

Dosto.jpg

 

 

Un livre intense. "Les souvenirs de la maison des morts" sont à peine romancés car Fédor (ça va plus vite !) use d'un biais pour présenter son récit et utilise le personnage d'Alexandre Petrovitch Goriantchikov pour relater les quatre années passées au bagne (la forteresse d'Omsk) de 1850 à 1854.


Plus qu'un récit, c'est surtout une critique sévère des lois et règlements du système pénitenciaire, une analyse subtile des compagnons, des forçats, des gardes qui composent la vie au camp sibérien. Hélas Fédor est un noble et sera mis à l'écart par les forçats issus du peuple. "Oui, l'homme a la vie dure ! Un être qui s'habitue à tout, voilà, je pense, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme." L'auteur observe et dénonce déjà les lacunes de la répression, "le fameux système cellulaire n'atteint, j'en suis convaincu, qu'un but trompeur, apparent. Il suce la sève vitale de l'individu, l'énerve dans son âme, l'affaiblit, l'effraie, puis il vous présente comme un modèle de redressement, de repentir, une momie moralement desséchée et à demi folle".

 

Nous assistons à de merveilleux passages où des compagnons d'infortune se révèlent délicats, instruits, doux... notamment le jeune Ali qui apprend à lire et à écrire le Russe en quelques semaines grâce à Dostoïevski. L'écrivain dévoile ses premières impressions au camp, son premier mois, quelques connaissances, un Noël et un spectacle, l'hôpital, les fustigations (punitions à coups de verge), l'été, les animaux du bagne, ses camarades et sa sortie du bagne (la dernière phrase qui termine ce roman est lourde d'intensité par sa justesse et d'une incroyable efficacité)... mais le passage le plus dantesque est celui où l'auteur décrit les bains, les étuves pour être précis.

 

Seul un génie peut écrire des lignes pareilles ! "L'eau sale giclait de partout. Les forçats éprouvaient une sorte d'ivresse, une étrange griserie ; les hurlements, les cris se croisaient. A la lucarne de l'anti-chambre par où l'on passait l'eau chaude, la cohue était plus dense encore. On y jurait, on s'y bousculait effroyablement." Rien que pour ce paragraphe dantesque, vous devez acheter ce livre. Et vite !

Par Diabolik - Publié dans : Ma bibliothèque idéale
Postez votre critique ! - Lire les 2 opinions diaboliques

Simenon.jpg

 

 

Je reviens encore et toujours à cet hercule de l'écriture. Simenon est et restera toujours l'archétype du romancier et remet l'écrivain à sa vraie place... c'est un artisan avant un intellectuel ! Ces conversations sont une petite mine d'or pour les modestes amoureux de Simenon dont l'adage était : "Comprendre et ne pas juger".

 

Simenon s'efforçait de dénoncer les vils desseins de certains hommes (et femmes) cachés sous une épaisse couche de respectabilité, de bourgeoisie et de fausse humilité... la recherche de "l'homme nu".

Par Diabolik - Publié dans : Documents et essais
Postez votre critique ! - Lire les 1 opinions diaboliques

Rambo.jpg

 

 

Au risque de passer pour un gros con aviné, je tente de vous présenter mon film culte d'adolescent boutonneux ! J'ai nommé RAMBO 1, le PREMIER SANG ! Adaptation d'un roman de David Morrell sortie en 1983. Scénario co-écrit par Stallone en personne ! Ca ne pardonne pas ! Rigolez, rigolez... putain c'est Rambo ! On ne plaisante pas avec ce vétéran du Vietnam. Faut pas lui chier dans les rangers ! Le casting originel devait se composer de McQueen pour Rambo et de Kirk Douglas pour le colonel Trautman. Ouf, ils ont préféré Richard Crenna et Sylvester. Et pis faut dire que la musique du générique est fabuleuse. À chaque fois que je l'écoute, j'ai comme des frissons le long de la colonne verte et brâle. Bon, cessons ces billevesées et entamons le magnifique résumé de ce très grand film.


La veste de treillis fraîchement repassée, un soldat au brushing impeccable déboule chez une femme noire. Il coupe à travers champs, nous apercevons une femme étendant son linge en compagnie de sa fille. Du moins le supposons-nous ! Un lac majestueux borde la maison sous un ciel radieux. Le soleil darde des rayons étincelants, des éclats d'argent pétillent à la surface de l'eau. Rambo montre une photo à la ménagère. Il cherche à voir son vieux copain connu au Vietnam. Hélas la grognasse lui apprend le décès de son mari six mois plus tôt. "Il vomissait des trucs orange" grimace-t-elle ! Une saloperie de cancer chopé dans la jungle. Rambo fait la gueule, soupire, éructe quelques regrets et se casse. Il laisse le cliché à la veuve et reprend le sentier de son destin. Il croise une voiture de police de la ville de Gateway, un bled paumé d'une région montagneuse. Le prenant pour un vagabond, le shériff le dépose de force à la sortie de la ville. Mais Rambo revient sur ses pas ! Du coup le flic l'embarque. Rambo est songeur. On vient de lui chouraver son coutelas pour chasser le cerf. Au commissariat les évènements empirent. Les agents commencent à le taquiner grave ! Et vas-y que j'te prends les empreintes... et vas-y que j'te lave les oreilles à la lance à incendie ; Rambo fait une poussée de colère et leur pète tous la gueule. Il attrape un péquenot à moto, le fait chuter et part en trombe vers les bois. Le shérif le course à travers les prairies boueuses, dérape dans la bouse et finit par se planter dans des rochers moussus où une cascade clapote à proximité. Le temps est humide, nous sommes en automne. Rambo se gèle les miches, risque une pneumonie sévère en courant comme un déterré. Il saisit une bâche à terre et se découpe un gilet fashion.


Peu de temps après, la police le traque dans la forêt. La garde nationale est là avec des dobermans. La joie se lit sur les visages des culs-terreux. Putain, c'est un Béret Vert en face ! Un médaillé du Congrès pour hauts faits de bravoure. L'enfer c'est chez lui. Il bouffe ce que vomirait un bouc ! C'est pas moi qui le dit, c'est le colonel ! La technique de survie est une seconde nature pour John J. Les hommes se prennent une branlée magistrale. Ça défèque dur dans les calbuths. Ça chiale. Ça bave. Ça saigne. Ça borborygme en choeur. Rambo se camoufle avec des fougères, se peint la gueule avec de l'humus, fait des pièges avec des brindilles. Traqué par les chiens, John saute d'une falaise, rebondit sur un épicéa, se rétame sur un sol fangeux tandis qu'un flic lui tire dessus d'un hélico en position. Rambo tue le salopard et se recoud le bras à vif. Son couteau de chasse est un véritable nécessaire de couture. Mention spéciale pour les répliques du colonel Trautman au shérif : "Ce n'est pas Dieu qui a créé Rambo, c'est moi ! Je viens chercher mon poulain". Et encore : "Je ne suis pas venu sauver Rambo de la police mais sauver la police de Rambo". Durant ce temps, Rambo chasse le cochon, bivouaque devant un bon feu de bois. Deux cents hommes sont à sa recherche ! "Le faire repérer ! C'est envoyer les pigeons au chat" s'exclame le colonel, hilare. Néanmoins le colonel accepte de parler à la radio car il est le seul semblant de famille du soldat. John rompt le silence et balbutie : "Ils sont tous morts colonel". À ce moment, vous avez envie de vous moucher normalement. Rambo est le seul survivant de sa compagnie. Ça le rend aigri forcément. En plus c'est même pas lui qui a versé le premier sang !!!


 

Après avoir été canardé avec une roquette, Rambo se faufile, à la lueur d'une allumette puis d'une torche des cavernes, dans les boyaux d'une ancienne mine. Des rats lui sautent sur l'épaule mais Rambo s'en chiffonne les couilles. Il progresse jusqu'à l'air libre, détourne un camion militaire transportant des M16 (moins marrant avec un chargement d'édredons) et pénètre dans la ville. Grosse incohérence ! Sur le pont, il fait jour ! La ville se trouve à environ un kilomètre. Vous suivez toujours ? À l'arrivée dans le centre-ville où Rambo fait tout sauter, il fait nuit noire ! Je pense à une éclipse. Je ne vois pas d'autre explication ! Rambo met le bourg à feu et à sang avant de s'occuper du shériff qui s'est planqué sur le toit du commissariat. Quel con ! Nous assistons à la scène culte où Rambo se console dans les bras du colonel en racontant la triste fin d'un copain qui rêvait de rouler avec une Chevrolet 1958... mais sans ses jambes, c'est plus pareil ! J'ai donc revu ce film d'ado avec nostalgie hier soir. C'était comme retrouver un vieux pote de baston.

Par Diabolik - Publié dans : Mes films Diabolik
Postez votre critique ! - Lire les 4 opinions diaboliques

Semmelweiss.jpg

 

 

Le docteur Destouches a trente ans lorsqu'il écrit sa thèse sur le Hongrois Philippe-Ignace Semmelweis. Pour Céline, cette thèse démontre "le danger de vouloir trop de bien aux hommes". Ce livre reprend l'édition publiée en 1936 et diffère légèrement de la thèse soutenue le 1er mai 1924. L'humanité est souffrante et meurt pour rien. Il faudrait la soigner mais c'est impossible ! "Rien n'est gratuit en ce bas monde. Tout s'expie, le bien, comme le mal, se paie tôt ou tard. Le bien c'est beaucoup plus cher, forcément."

 

L'humanité s'enlise depuis la Chute de l'empire romain dans d'horribles débauches. La paix s'installe avec Napoléon. Lors de cette "époque de convalescence" naquit P.I Semmelweis le 18 juillet 1818. Petit, il est fervent de chansons populaires et adepte de la rue. L'école n'est pas pour lui plaire. Lycée de Pest et règles de Latin, Vienne pour le Droit, Semmelweis est reçu docteur en médecine en 1844, maître en chirurgie et docteur en obstétrique en 1846. La mortalité est importante chez les femmes enceintes (on atteint des 96 %) et Semmelweis démontre que les particules cadavériques sur les mains des internes infectent le col de l'utérus. Il énonce une règle : la désinfection des mains ! Les principes de l'asepsie naissent. Des puissances de haine se mettent en branle contre l'impétueux médecin. Il est révoqué deux fois, jalousé, méprisé et piétiné. Il mourra dans d'atroces souffrances à la suite d'une infection provoquée lors d'une crise de démence. Pasteur éclairera la vérité microbienne de façon irréfutable et totale cinquante ans plus tard.


Cette thèse surprend par la qualité littéraire employée. C'est déjà du Céline ! Ponctuations abusives, phrases courtes et cinglantes, joutes verbales et géopolitisme outragé. Semmelweis est son double ; un homme à l'errance hallucinée et désabusé sur l'avenir des hommes. "La découverte de Semmelweis dépassa les forces de son génie. Ce fut, peut-être, la cause profonde de ses malheurs."

Par Diabolik - Publié dans : Ma bibliothèque idéale
Postez votre critique ! - Lire les 0 opinions diaboliques

Birdman.jpg

 

 

Premier roman de Mo Hayder. Nous suivons l'inspecteur Jack Caffery du Service Régional des Enquêtes Sensibles. Dans un terrain vague de la banlieue de Londres, cinq corps de femmes sont découverts atrocement mutilés, un oiseau enfermé vivant post mortem dans leurs cages thoraciques.


La police donne donc le nom de Birdman au psychopathe, qui se révèle être un nécrophile. En parallèle, le récit montre un part sombre de l'inspecteur qui remonte à l'enfance : la disparition de son frère. L'enquête est amenée assez rapidement pour s'essouffler en milieu de course... avant qu'un rebondissement ne relance l'attention pour bien terminer les 440 pages.

 

Bonne histoire qui rappelle un peu le scénario du Silence des Agneaux mais sans le brio de Thomas Harris. A lire agréablement. J'entame aussitôt la suite des aventures de Caffery avec "L'homme du soir" et je pense que mon expérience littéraire avec Mo Hayder se terminera après... sans regrets.

Par Diabolik - Publié dans : Polars/Thrillers
Postez votre critique ! - Lire les 1 opinions diaboliques

Marguerite.jpg

 

 

Un divin hasard. Je fus envoûté par l'histoire et par la beauté de l'écriture de Boulgakov... une prose limpide et pure comme seuls savent le faire les grands auteurs.

Boulgakov travailla sans relâche durant dix ans sur ce livre et continua à corriger inlassablement les pages dactylographiées jusqu'à sa mort !

 

Ce roman est écrit sur deux plans, l'un historique (Ponce Pilate procurateur de Judée qui juge Jésus) et l'autre qui montre le Moscou des années vingt avec une galerie de personnages... ceux-ci sous l'emprise de Satan qui se grime sous les traits de Woland, accompagné d'un échalas à lorgnon fêlé (Fahoth) et un gros chat qui parle et marche comme un homme (Béhémoth). C'est difficile de commenter une oeuvre pareille... c'est une allégorie de Faust, un Moscou qui se meurt et qui se ridiculise ; fiction, poésie, satire, crimes, illusions, manipulations, tentations, perversités...

 

Woland joue avec tous les acteurs qui peuplent ce monde socialiste en perte de vitesse. Ce livre est un écrin.

Par Diabolik - Publié dans : Ma bibliothèque idéale
Postez votre critique ! - Lire les 2 opinions diaboliques

Schiele.jpg

 

 

Un bon bouquin attrayant pour découvrir cet artiste autrichien mort en 1918 à l'âge de 28 ans.

Il commença à peindre dès 1905, notamment des autoportraits. Son père décéda cette année-là, et son oncle, qui devint son tuteur, tenta de l'orienter vers une carrière dans les chemins de fer. Avec l'accord de sa mère et l'appui de son professeur de dessin, il entra à l'Académie des beaux-arts de Vienne, où il eut du mal à supporter la tutelle académique de ses professeurs (comme c'est souvent le cas pour les artistes de génie !).

À Vienne, il découvrit cependant un art différent lors d'une exposition d'artistes du deuxième mouvement de Sezession (Sécession en français), plus proche de l'Art nouveau ; en 1907, il rencontre Gustav Klimt, qui s'intéressa à lui et fut pour lui son modèle et son maître. Schiele lui voua une grande admiration, admiration qui fut réciproque de la part de Klimt. Il fit sa première exposition en 1908. À partir de 1913, il participe à de nombreuses expositions internationales.

 

Il rompit avec Wally Neuzil et épousa Edith Arms le 17 juin 1915, inaugurant ainsi une période moins tourmentée de sa création. Le 28 octobre 1918, sa femme, alors au sixième mois de sa grossesse, décéde de la grippe espagnole. Egon Schiele mourut de la même maladie, trois jours plus tard, le 31 octobre 1918.

Ses œuvres sont nombreuses et remarquables du point de vue du dessin.

 

Celui-ci est très net, avec un trait marqué, énergique et sûr, parfois même violent. La connaissance du corps humain qu'a Egon Schiele est d'autant plus remarquable qu'il ne fait pas disparaître le squelette sous la chair, il le dessine dans la logique de ses mouvements et postures et lui donne ainsi trois dimensions, au lieu que ce soit deux, comme c'est souvent le cas chez d'autres artistes. Ses portraits et ses nus sont en outre saisis dans des poses insolites, voire caricaturales, Egon Schiele ayant étudié les attitudes de certains déments dans un asile psychiatrique, ainsi que les positions des marionnettes manipulées, ce qui donne cet aspect « désarticulé » propre à certains de ses personnages et à son art.

Schiele a fait près d'une centaine d' autoportraits le représentant parfois nu, avec un visage desséché et tourmenté, ou affligé d'un strabisme impressionnant, allusion humoristique à son nom de famille: en effet, « schielen » signifie loucher en allemand, et nombre de critiques hostiles à son art n'hésitaient pas à en faire des jeux de mots.

 

Ses peintures provoquaient et provoquent sans doute encore les spectateurs, suscitant chez eux un certain malaise par leur rapport à la mort et à l'érotisme, mais aussi par certaines couleurs verdâtres de la décomposition (source Wikipedia).


Par Diabolik - Publié dans : Documents et essais
Postez votre critique ! - Lire les 2 opinions diaboliques

M-le-maudit.jpg

 

 

M le maudit, réalisé en 1931, décrit l'état d'esprit de l'opinion publique populaire berlinoise. Il met en scène l'appareil d'état policier (le préfet de police et le ministre de l'intérieur), d'une part et d'autre part, l'organisation de la pègre et ses divers syndicats du crime.

Tournage en 42 jours en 1931. Durée initiale :117', durée actuelle : 99'.
Sortie le 11/5/1931 à Berlin.


Une oeuvre incroyable. Filmé comme une formidable enquète policière... le rythme est soutenu et trépidant. La séquence finale (le jugement de la pègre, l'aveu des tourments de M) est envoûtante et inquiétante... on y voit poindre les dangers du nazisme. Un film inoubliable.

Par Diabolik - Publié dans : Mes films Diabolik
Postez votre critique ! - Lire les 3 opinions diaboliques

Veneree.jpg

 

 

Né à New York en 1936, un temps journaliste au New Yorker, Robert Marasco s'est d'abord fait comme auteur de théâtre, et sa pièce « Les yeux de Satan » a été porté à l'écran par Sydney Lumet. « Notre vénérée chérie » est l'un des romans fondateurs de la terreur moderne.

J'ai pas accroché du tout ! L'histoire me semblait prometteuse pourtant... un couple avec un jeune garçon loue une superbe maison (pour l'été) avec piscine pour échapper à leur quartier sordide du Queens. Le prix est misérable pour les prestations offertes. Une seule condition : fournir trois plateaux-repas par jour devant la porte de la mère des loueurs... leur vénérée chérie... qui ne sort jamais de sa chambre. Peu à peu, la maison étend son emprise sur Marian la jeune femme.


Des longueurs atroces, des temps morts, une fin moyenne. Bref pour un soi-disant classique anglo-saxon, je me suis ennuyé et remis ce bouquin dans ma bibliothèque sans remords.

Par Diabolik - Publié dans : Littérature d'horreur
Postez votre critique ! - Lire les 1 opinions diaboliques

Adele.jpg

 

 

Histoire d'être le plus subjectif possible sur ce merveilleux blog envié par Poutine et Ahmadinejad, j'ai créé une nouvelle catégorie concernant mes lectures inachevées, inabouties, mauvaises, tronquées ou inadaptées à mon feeling du moment.

 

Je possède une admiration éternelle envers Jacques Tardi. Ses illustrations pour les oeuvres de Céline (chez Futuropolis et Folio), la guerre de 14, Victor Hugo, Pennac ou encore les adaptations BD remarquables de Nestor Burma, j'avais toute confiance en prenant à la bibliothèque les 9 volumes consacrés à Adèle Blanc-Sec se passant durant les années 1910-1920.

 

Eh ben ça n'a pas marché ! Trop brouillon dans le scénario et rapidement répétitif dans l'intrigue. Très déçu. Rien à dire sur le dessin évidemment mais je n'ai pas été emballé. Dommage. Idem pour le film de Luc Besson.

 

Par Diabolik - Publié dans : Lectures inachevées
Postez votre critique ! - Lire les 2 opinions diaboliques

voyage-au-bout-de-la-nuit.jpg

 

 

Que dire de ce roman qui a bouleversé mon univers littéraire. Cet écrivain maudit tant décrié lors du cinquantenaire de sa disparition en 2011 a prouvé qu'on ne peut jamais occulter un véritable génie malgré sa face obscure et haineuse. Je n'ai pas envie de vous résumer le périple de Ferdinand Bardamu car cela rendrait ma critique ridicule comme si l'envie vous prenait d'édifier un muret de galets contre la Grande Muraille de Chine ! Non !... je tiens juste à écrire quelques lignes inspirées de la verve célinienne. Cela vous donnera, et je l'espère, la tentation de découvrir ce monument littéraire publié en 1932.

 

"Eh oui, mon pauvre Ferdinand, ça a débuté comme ça ! Un apéro à la terrasse , les flonflons patriotiques, un pote à controverses et te voilà parti !… A toi les tripailles au soleil ! Le carnage grandeur nature !… l’âme militaire chevillée au corps et aux tripes. Mais n’avançons pas trop vite. Le chemin de l’aventure s’illumine devant tes camarades et toi. Par bravade et surtout le colonel rutilant sur son cheval tout aussi rutilant !… ça brille à travers la foule joyeuse ! Donc tu y vas, tu cours même, l’élan salvateur qui dépasse la bêtise ! les veines gonflées d’orgueil, tu t’enfonces dans le traquenard de la guerre, le traquenard du Mérite. Tout con que tu es !
Quelques semaines après avoir quitté la place Clichy, tu aperçois tes premiers allemands, là-bas, au bout de la route. Leurs mitrailleuses crachent leur venin à n’en plus finir, les marmites s’éclatent joyeusement et à qui mieux-mieux autour des hommes, sans distinction, en toute impartialité. Car c’est ça la guerre Ferdinand !… Un concert de mort pour toutes les peaux !… Les viscères ont la même couleur… à l’air libre !… Le colonel, pourtant, est imperturbable dans ce bordel furieux. Grand bien lui fasse ! Un obus l’envoie paître dans le creux d’un fossé, bide ouvert et visage fermé par une grimace ricanante. Tu ne comprends pas ce raffut et tu connais un dépucelage du feu, la peur au ventre. Tu découvres la saleté de la guerre comme au théâtre. Aux premières loges Ferdinand ! Et t’as même pas payé ta place !… Et les acteurs se renouvellent sans cesse ! Une féerie permanente !… Tu découvres la Grande Guerre par la Peur. T’as beau dégueuler et t’évanouir en rentrant au camp !… Foutaises !… Tout le monde s’en moque. Tu peux gueuler Ferdinand, faire les pitreries d’un gamin qu’a pas eu son nougat, singer des caprices… t’y pourras rien ! Comme tu dis si bien, « la guerre ne passe pas. »
Les saloperies s’accumulent mais l’ennemi n’est pas celui qu’on croit ! Il est à portée de nous, proche de nous… regarde donc ce trio d’enculés, le général, le commandant et son chien de garde, le capitaine de gendarmerie !... Tout occupé à faire fusiller les déprimés, les soldats qui n’ont plus l’âme patriotique, les faiblards du cœur ! Ton créateur le cite admirablement en quelques lignes : « La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière. » Lucidité donnant un sale goût, hein Bardamu ? Trop peureux ou trop bête. L’incertitude te donnerait-elle foi en l’avenir des hommes Ferdinand ? Ou est-ce seulement une trouille innommable ? Ce n’est pas possible que les hommes deviennent si mauvais envers leurs frères d’armes !... Ben si Ferdinand !"

 

voyage-bout-nuit-celine-tardi4.jpg

 

Et puis tiens !... Quelques pensées qui me viennent à la lecture de Casse-pipe :

 

"Le juteux du ravitaillement, l’adjudant Cretelle, est le Roi de la Mort ! Douloureuse manière de remplir la nuit en portant des vivres et l’envie folle de roupiller un peu, de bouffer un peu et de vivre encore jusqu’au petit jour. Autour, le bruit des canons. Blessés agonisants dont la seule distraction est de crever en paix !… Puis reste l’espoir mince d’être fait prisonnier. Ou le coup de fusil ! Et surtout comment crever et où ?… L’idée de souffrir est vraisemblablement pire que la mort pure et simple. N’en pouvant plus d’attendre de crever, tu désertes avec Léon."

"Le canon tonne au lointain. Puis c’est un quai que vous longez, avant d’uriner longuement près des péniches déchargées. Au lever du jour, vous vous quittez et retournez chacun dans la guerre. Désertion d’une nuit !… Maigre pitance dans l’abandon de soi. C’est ainsi pour les choses, les éléments et les hommes."

"Maréchal des logis Rancotte. Le plus gros vicelard du corps de garde !… Une charogne. La stature même de la pire des vacheries. Ses souffles acides succèdent aux ordres hurlés. Il te trouve une odeur, un truc à te ramoner les sinus… une exhalaison putride à toi tout seul ! La représentation de la recrue pitoyable, le soldat promis aux vices… voleur, puceau, peigne-cul… voire pire… anarchiste ! Pourtant, ne rien répondre, fermer sa gueule, baisser la tête et obéir. L’Armée, c’est plus la Grande Muette pardi !… c’est la sagesse ! La Mère Nourricière !… Fous-toi ça dans la caboche Bardamu. Observation et bouche-clapet ! Décarre et suis la musique. T’en a pris pour trois ans en plus ! La bleusaille à la cadence ! Le maréchaogi va t’en faire voir du pays !… à commencer par la cour ! Ça sent le bourrin, les sabres et les éperons. Étriers en berne, culs en marmelade… les chevaux galopent partout !… Faut tout ramener ! Discipline et coliques."

 

Je m'en suis bien sorti ? Je fais c'que j'peux tas de Zeymour ! J'suis pas Céline moi. J'habite même pas à Meudon... c'est la seule excuse qui m'vient à l'esprit.

 

Bon... vous voulez quand même un résumé ? Le voici :

 

"Une fois qu'on y est, on y est bien"... le pauvre et naïf Bardamu Ferdinand part faire la guerre (la terrible de 1914) dans les Ardennes par esprit de contradiction envers un camarade rencontré Place Clichy. Sitôt dit, sitôt fait ! Le carnage sur les routes et Bardamu découvre, ressent qu'on "est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté" sous de mauvaises conditions "Moi d'abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j'ai jamais pu la sentir, je l'ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n'en finissent pas, ses maisons où les gens n'y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c'est à pas y tenir."

 

Le Bardamu se métamorphose et devient Célinien (pas encore tout à fait, il faudra attendre la mort à crédit) et ne se fait plus d'allusions, "la grande défaite en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches."


Nous suivons Bardamu qui espère encore en l'homme (après une convalescence et un bref séjour à Paris) qui part se ressourcer en Afrique dans une factorie. Horreur d'un monde colonialiste en train de mourir par ses petits fonctionnaires, ses privilèges, son mépris de l'homme noir (qui est aussi pauvre que chez nous mais avec "des enfants en plus, des vêtements et du pinard en moins"). Climat étouffant, personnages grotesques et sinistres dans leur suée maladive et voilà notre ferdinand qui part bosser aux Etats-Unis, "New York c'est une ville debout" et retrouve la perfide Lola, l'usine Ford et nous faisons connaissance avec la douce Molly (sans doute l'unique regret de Bardamu ?) mais l'homme est le même. Ce voyage dans le tréfonds de l'âme humaine devient de plus en plus noir et alarmant.


Pour le non Célinien, les tribulations scélérates de Bardamu en Afrique et aux USA peuvent paraîtrent ennuyantes et je le conçois... mais attendez la seconde moitié du roman où le Bardamu devient le médecin des pauvres. Le voyage se termine dans une puanteur incomparable et hideuse... et c'est notre odeur de français moyens empuantis de bonnes manières, de ragots et d'hypocrisie bourgeoise... c'est la tante à Bébert, le tavernier raciste, les Henrouille qui veulent crever la belle-mère qui vit au fond du jardin, c'est un couple qui empêche leur fille (qui se meurt dans un lit) d'aller à l'hôpital (que vont dire les voisins ?), c'est Robinson jamais content de son sort, c'est un couple qui bat leur fille attachée à un lit avant de pouvoir faire l'amour... contre un évier... le pauvre Bardamu a atteint la nature profonde de l'homme et le constat n'est guère fameux : "A mesure qu'on reste dans un endroit, les choses et les gens se débraillent, pourrissent et se mettent à puer tout exprès pour vous."

Par Diabolik - Publié dans : Ma bibliothèque idéale
Postez votre critique ! - Lire les 3 opinions diaboliques

Profil...

  • : Mes lectures quotidiennes et variées. De l'horreur au classique en passant de Hemingway à Stephen King... Une chronique postée CHAQUE LUNDI et JEUDI ! En sus des livres, quelques chroniques sur des films et séries TV. Bonne visite à toutes et tous. Blog en pause du 1er juillet au 31 août.
  • Mes lectures quotidiennes et variées. De l'horreur au classique en passant de Hemingway à Stephen King... Une chronique postée CHAQUE LUNDI et JEUDI ! En sus des livres, quelques chroniques sur des films et séries TV. Bonne visite à toutes et tous. Blog en pause du 1er juillet au 31 août.
  • Retour à la page d'accueil

Passages diaboliques...

visiteurs uniques depuis le 1er avril 2011. 

Vous cherchez un truc ?...

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés